It is where something isn’t. The more I take out, the bigger it gets. It’s full of mystery, but it’s not empty of meaning. Often dark, it is shaped by the matter around it. The hole, an inevitable element, is everywhere. By exploring feelings I have questionned what holes bring, what make them beautiful and meaningful. I have digged, drilled, pierced, shaped, molded and streched hundreds and hundreds of holes to better understand their nature.

Photography by Antoine Lecharny.
Wood, plaster, paper, clay, aluminium, 2019.
 








De la naissance à la mort du trou.

J’ai tenté de matérialiser à quoi ressemblait la naissance, la vie et enfin la mort d’un trou. A l’évidence le trou a besoin de matière pour pleinement s’exprimer.



Du tube au trou.

Les trous sont en général de forme ronde, mais ce n’est pas vraiment la forme du trou qui importe, mais bien ce qu’il y a autour. A gauche on voit plutôt un tube, et plus on va vers la droite plus on perçoit un trou.
 

Les trous adorent traverser la matière.

Si on ne leur demande pas de s’arrêter, ils continuent, un peu comme si il y avait un ver invisible qui grignotait petit à petit la matière.
D’ailleurs en Asie, suivant les préceptes du Fengshui, on fait des trous dans les immeubles pour laisser passer les dragons qui descendent la nuit de la montagne.

Déformation et effondrement d’un trou par gravité.

C’est uniquement l’action du poids de la terre sur elle-même qui produit cette déformation. Le trou est en mouvement, il est quasiment vivant, on comprend que le trou de départ était rond. J’ai découvert une nouvelle manière qui permet de façonner les trous, celle du temps.

Différence de perception entre un trou inscrit dans un cylindre ou un cube.

Quand la forme qui contient le trou n’est pas cylindrique, comme c’est le cas à droite, on enlève tous les doutes, il s’agit alors bien d’un trou !


Quand la forme s’adapte au trou.

En partant de planches rectangulaires perforées et identiques, j’ai réalisé des découpes qui viennent interagir avec les trous. J’ai fait cela en pensant à la construction des lettres en typographie, qui est un jeu de forme et de contreforme entre les pleins et les vides, entre les noirs et les blancs. Il est d’ailleurs prouvé que notre œil perçoit plutôt les vides que les pleins.
 

Activation instinctive d’un trou.


Il est possible d’activer ou de désactiver un trou de cette manière. Si l’on demande à 100 personnes de jouer avec ces 2 formes, il est fort probable que la plupart des gens les positionnent comme au centre de la photo. 

Rencontre entre un trou et une surface.

Dans 99% des cas, les trous arrivent perpendiculairement à des surfaces planes. Ici, j’ai réalisé le même trou sur 6 surfaces distinctes. Le résultat est subtil mais on voit apparaître de belles distorsions sur le contour circulaire de l’entrée des trous.

Un trou dans un trou dans un trou.

Ce cube de 40cm de côté est troué sur trois de ses faces par un petit, un moyen et un plus gros trou. Comme dans la vie de tous les jours c’est le plus gros trou qui l’emporte sur les plus petits. Mais c’est aussi lui, qui dans sa paroi intérieure, laisse apparaître les autres trous.

Les trous sont plutôt ronds et se comportent souvent de la même manière.

J’ai fait des trous par arrachement dans de la terre, du papier et de l’aluminium. Des scientifiques se sont rendus compte que quand on transperce du papier avec une pointe, il se déchire toujours en quatre parties. C’est intéressant de voir qu’avec d’autres matériaux on obtient des phénomènes similaires.

Allègement par le trou.

Les trous sont pour la plupart du temps formés par enlèvement de matière. Cette action allège les objets. Ici, la pièce de gauche tient uniquement parce qu’elle a été perforée.

Ballade à quatre trous.

En partant d’un carré, je me suis demandé comment disposer quatre trous. Il y a bien entendu des milliers de possibilités, j’ai pour ma part naturellement fait des répartitions géométriques.
J’ai ensuite réalisé cette boîte sur laquelle j’ai apposé sur chacune des faces une composition de quatre trous, chaque face interagissant avec sa voisine.


Par modestie, les trous se cachent souvent dans les assemblages.

Pour assembler deux objets, il est courant d’avoir recours au trou. Peut- être par modestie, le trou se cache souvent dans les assemblages. J’ai cherché ici, au contraire, à le mettre en avant, à le sous-entendre ou à le laisser apparaître subtilement.

L’importance du bord du trou.

Il est important aussi de noter que l’on voit assez rarement l’intérieur d’un trou. La lumière y rentre difficilement, notre compréhension du trou s’arrête en général à son commencement, à son contour donc. Un bord net n’a rien à voir avec un bord de trou arrondi. La moindre petite différence nous donne une toute autre perception d’un même trou. Il me semble qu’on touche ici l’aspect le plus important d’un trou, davantage que sa taille ou sa profondeur, ce sont les finitions du bord d’un trou qui racontent toute son histoire, qui lui donnent toute sa personnalité.

Ouvertures par rencontre de plans inclinés.

J’ai travaillé avec l’ébéniste Julien Roussel pour réaliser ces pièces en érable où des ouvertures géométriques sont réalisées par rencontre de plans inclinés. Le dos des pièces est intéressant car on comprend moins ce qu’il se passe. Cela est lié à la finesse de la paroi qui donne l’impression d’une absence d’épaisseur à l’endroit de l’ouverture.

Trou par construction géométrique.

En disposant verticalement des tasseaux rectangulaires identiques les uns à côtés des autres, il est possible de faire apparaître des interstices longitudinaux. Ils auront des formes de rectangle ou de combinaisons de rectangles. Je dis ici interstices et pas trou, car on sent bien le jeu de construction. Un trou, ça doit être simple, ici c’est presque un peu trop compliqué.

L’importance de l’épaisseur du trou.

J’ai réalisé une série de 4 boîtes trouées en faisant varier l’épaisseur de la paroi de 4mm jusqu’à 50mm afin de me rendre compte de l’impact visuel qu’a l’épaisseur d’un trou. Pour l’épaisseur maximum, on voit apparaître un nouveau trou, cette fois-ci carré dont la dimension est exactement la même que le diamètre du trou rond.

Grilles de trous interdépendantes dessinées avec rigueur et sentiment.

Ces 4 briques ont été conçues avec une logique parfaitement mathématique. Les trous sont tous positionnés par rapport à la même grille. Pour chacune de ces briques, l’espacement entre les trous correspond à l’espacement entre les trous périphériques et les bords de la brique. On ne le voit peut-être pas au premier coup d’œil, mais on l’aurait senti si tel n’avait pas été le cas.

Rencontre entre un trou et un volume.

Le trou arrive par le dessus et ressort là où il veut bien ressortir. Ce qui m’intéresse visuellement c’est le rapport entre le rond du dessus et l’ouverture sur le devant de la pièce. Même si on sait inconsciemment que les deux sont liés, on a envie
de vérifier en regardant à travers le trou.